multivitamines

Multivitamines: à quoi ça sert, qui en a vraiment besoin et comment bien le choisir

Dans les rayons des pharmacies et drogueries suisses, les multivitamines s’alignent par dizaines. Ce complément alimentaire est souvent présenté comme une assurance santé « au cas où ». Mais à quoi sert‑il vraiment, qui a intérêt à en prendre, et selon quels critères bien le choisir? Voici ce que dit la recherche, sans promesses exagérées.

À quoi sert un multivitamine?

Un multivitamine réunit dans un seul comprimé une combinaison de vitamines et de minéraux — des micronutriments essentiels — proche des besoins quotidiens. Son rôle n’est pas de « booster » l’organisme, mais de combler les apports lorsqu’ils sont insuffisants.

Chaque nutriment y joue un rôle précis, base des allégations autorisées en Suisse et dans l’UE. La vitamine C et plusieurs vitamines du groupe B contribuent à réduire la fatigue ; les vitamines B2, B6, B12 ou la niacine contribuent à un métabolisme énergétique normal ; la vitamine D, le zinc et la vitamine C contribuent au fonctionnement normal du système immunitaire ; les vitamines C et E contribuent à protéger les cellules du stress oxydatif (les fameux radicaux libres). Ce sont des contributions à des fonctions normales — pas des traitements.

A lire aussi: Quel est l’aliment le plus riche en vitamine B12?

Qui en a vraiment besoin (et qui n’en a pas besoin)

Un multivitamine ne remplace pas une assiette équilibrée. Chez des adultes en bonne santé et bien nourris, les grandes analyses ne montrent d’ailleurs pas de bénéfice clair pour prévenir les maladies chroniques (cardiovasculaires, cancer) : en 2022, le groupe d’experts américain USPSTF a jugé les preuves insuffisantes.

En revanche, les besoins nutritionnels varient selon l’âge et le mode de vie, et certaines situations rendent les apports plus difficiles :

  • Alimentation déséquilibrée ou restrictive (petits appétits, régimes stricts, périodes chargées).
  • Régime végétalien : la vitamine B12, surtout d’origine animale, y manque souvent — le risque de carence est bien établi.
  • Personnes âgées : l’absorption de la B12 et le statut en vitamine D diminuent avec l’âge.
  • Femmes en âge de procréer : la carence en fer est la plus fréquente au monde ; le fer contribue à réduire la fatigue et à un transport normal de l’oxygène (l’absorption du fer dépend aussi de sa forme).
  • Enfants et adolescents en croissance : des besoins spécifiques que couvre normalement une alimentation variée.
  • Hiver suisse : faible exposition solaire, d’où un statut en vitamine D souvent insuffisant en saison froide.

Quelques essais récents chez des personnes âgées suggèrent qu’un multivitamine quotidien pourrait légèrement soutenir la mémoire, mais ces résultats restent à confirmer.

Ce qu’un bon multivitamine doit contenir

Tous les produits ne se valent pas. Trois critères de qualité font la différence :

  • La forme des minéraux (biodisponibilité). Les formes chélatées comme le bisglycinate — zinc bisglycinate, fer bisglycinate, magnésium — sont en général mieux tolérées et mieux assimilées que les oxydes bon marché.
  • Un dosage approprié. Une formule équilibrée vise des quantités proches des valeurs nutritionnelles de référence (VNR), pas des mégadoses : « plus » n’est pas « mieux », car les vitamines liposolubles (A, D, E, K) s’accumulent.
  • La transparence de la composition. Quantités, formes chimiques et qualité des ingrédients clairement indiquées ; un étiquetage flou est rarement bon signe.
Ce qui compteBon signeÀ éviter
Forme des minérauxBisglycinate (zinc, fer), citrateOxydes bon marché
DosageProche des VNRMégadoses « 1000% »
CompositionQuantités et formes détaillées« Complexe » sans détail

A lire aussi: Quels compléments alimentaires pour la musculation?

Comment bien le choisir

Une fois ces critères en tête, le choix se simplifie. Plutôt que de courir après le produit le moins cher ou le plus dosé, mieux vaut privilégier un multivitamine fabriqué en Suisse de qualité, formulé avec des formes bien assimilées et des dosages proches des besoins réels. C’est le parti pris de marques suisses comme SwiLab, qui misent sur des formes bien absorbées et une composition transparente plutôt que sur des chiffres spectaculaires.

Le contexte de fabrication compte aussi : un produit conçu et fabriqué pour le marché suisse respecte les règles helvétiques sur les compléments alimentaires et les allégations, ce qui offre un repère de sérieux supplémentaire.

Précautions à connaître

Un complément s’ajoute à une alimentation variée, il ne la remplace pas. Deux règles de bon sens :

  • Ne pas cumuler les sources. Un multivitamine en plus d’autres compléments dosés peut mener à une consommation excessive, voire à un surdosage de vitamines et à une hypervitaminose : les vitamines hydrosolubles s’éliminent, mais les liposolubles s’accumulent. Trop de nutriments n’apporte aucun bénéfice et peut causer des effets secondaires.
  • Demander un avis en cas de doute. Grossesse, maladie chronique, traitement médicamenteux (risque d’interaction) ou symptômes persistants : mieux vaut consulter un professionnel avant de se supplémenter.

Questions fréquentes

Faut-il vraiment prendre un multivitamine ?
Pas systématiquement. Une alimentation variée couvre en général les besoins. Le complément devient utile surtout en cas d’apports insuffisants ou de situations particulières (régime restrictif, grossesse, âge avancé, hiver peu ensoleillé).

Le matin ou le soir ?
De préférence au moment d’un repas, pour l’absorption des vitamines liposolubles et le confort digestif. La régularité compte plus que l’heure : intégrez‑le à votre routine quotidienne.

Peut-on en prendre toute l’année ?
Aux dosages proches des VNR, une prise prolongée est généralement envisageable ; certains préfèrent des cures ciblées, par exemple en hiver. En cas de traitement au long cours, un avis professionnel est recommandé.

Multivitamine et médicaments : y a-t-il un risque ?
Certains nutriments peuvent interagir avec des médicaments. Si vous suivez un traitement, signalez votre complément à votre médecin ou pharmacien.

Comment reconnaître un produit de qualité ?
Regardez l’étiquette : forme des minéraux, quantités précises, dosages raisonnables, fabricant transparent. Une formule claire et bien pensée vaut mieux qu’un « super‑complexe » aux promesses vagues.

Sources

  • US Preventive Services Task Force. Vitamin, Mineral, and Multivitamin Supplementation to Prevent Cardiovascular Disease and Cancer. JAMA. 2022;327(23):2326‑2333. doi:10.1001/jama.2022.8970
  • Règlement (UE) n° 432/2012 — liste des allégations de santé autorisées. Commission européenne.
  • Organisation mondiale de la Santé — Anémie / carence en fer. who.int
  • Commission fédérale de l’alimentation (COFA) / OSAV — Vitamine D : recommandations et statut de la population suisse.
  • Yeung LK et al. Multivitamin supplementation improves memory in older adults (COSMOS‑Web). Am J Clin Nutr. 2023;118(1):273‑282. doi:10.1016/j.ajcnut.2023.05.011
Retour en haut